le volet social

La nature, comme la société, sont des environnements complexes, des équilibres faits pour vivre ensemble. Souvent perçues comme toiles de fond plutôt floues, ellesse révèlent en réalité extrêmement techniques et fragiles, il faut sans doute pouvoir les reconnaître pour les comprendre (« comprendre » aussi au sens de prendre avec). 

La société, comme la nature, peuvent être perçues comme des systèmes fixant une limite dedans-dehors ; où « je » est soit à l’abri inclus dans le système, soit dans la marginalité en butte contre des règles que l’on pense faites pour d’autres, dans un univers pouvant être ressenti alors comme bestial. 

Le sentiment de faire partie d’un collectif, d’une communauté, voire d’une société, dépend souvent du sentiment de se sentir utile. Un sentiment intime ou une conviction que notre existence est bonne à quelque chose, qu’elle a du sens et de la valeur. Mais cela dépend aussi de l’expérience concrète qui permet de vérifier qu’effectivement « on a besoin de moi », de vérifier que se rendre utile sert concrètement à quelque chose. C’est aussi avoir conscience de son environnement, et des interactions positives entre soi et les autres. 

Avec ce projet, nous invitons des personnes en situation de rupture à ré-expérimenter les liens sociaux à l’échelle d’une petite collectivité où chacun a une place entière et égale avec les autres, un pouvoir de décision, et des responsabilités pour maintenir la cohésion du groupe. Leurs choix feront avancer le collectif dans une certaine direction. Tous, autant que faire ce peut, auront intérêt à faire vivre notre collectif et développer sa stabilité. En concurrence de quoi, la stabilité économique et celle  des emplois sont conservées, et la reconnaissance sociale partagée. 

Inutile aujourd’hui d’insister sur le fait que les difficultés rencontrées par les personnes en situation de précarité sont complexes, protéiformes, où les problématiques individuelles répondent à des problématiques de société, et inversement, et finalement sont imbriquées les unes dans les autres. Par exemple, on sait bien qu’il ne s’agit pas de proposer du travail à une personne en rupture sociale pour lui garantir une insertion sociale réussie. Il ne suffit pas non plus d’accompagner un jeune en rupture scolaire dans un programme de formation pour qu’il s’inscrive dans son devenir professionnel. Ainsi, les problématiques à l’échelle individuelle, comme la dépression, l’addiction, ou l’isolement, sont intimement liées avec des problématiques sociales à l’échelle plus globale, comme la délinquance, le chômage, l’ethnitisation des conflits,… Les deux processus, individuel et collectif, se répondent dans une problématique ainsi complexifiée. 

Aussi, une proposition d’aide individuelle ou d’accompagnement personnalisé ne peuvent pas, selon nous, être séparés d’un projet politique concret plus vaste où l’individu, inséré dans les valeurs d’une société démocratique, se ressource personnellement en même temps qu’il construit une alliance possible avec les autres et la société. Les deux processus se répondent dans une proposition de solution ainsi plus complète et plus adaptée. 

Par les valeurs de l’ESS, l’utopie d’insertion démocratique dans la société par le travail devient un projet réaliste, pragmatique, social, thérapeutique, finalement politique au sens collectif du terme. 

Nous faisons le postulat que la (re)construction personnelle, comme l’alliance démocratique avec sa Cité, sont intimement liées à la « mise au travail ». Cette mise au travail peut être qualifiée de thérapeutique dans le sens où elle permet à l’individu de résoudre des tensions intérieures en concentrant son énergie dans une direction constructive et positive pour lui-même. L’individu met à l’oeuvre sa propre réalisation dans l’acte de réaliser, c’est à dire se réaliser au travail. La mise au travail est aussi une façon de permettre une médiation des relations des uns avec les autres, compétences sociales qui ne sont pas toujours évidentes ou accessibles pour tous. « Vivre ensemble » est pour certains déjà une expérience concrète mais éprouvante à réaliser. 

Le concept dans lequel nous proposons à ces personnes en grande difficulté de venir partager notre entreprise vise un triple objectif :

  • favoriser la réconciliation avec le monde du travail et ses exigences en faisant participer activement les personnes en difficulté aux directions d’entreprise et à entreprendre des actions en conséquence
  • favoriser la réconciliation sociale en créant un espace collectif, mixte, intergénérationnel, pluriculturel, inséré dans la vie et les politiques locales des villes ou villages

  • favoriser une réconciliation avec soi-même 

Aussi, même si aujourd’hui le travail n’est plus un gage d’insertion sociale, il demeure un terrain d’expérimentation privilégié pour remodeler des rapports sociaux altérés, pour mettre à l’oeuvre sa propre utilité dans un groupe, puiser de l’estime pour soi-même, et y trouver une juste reconnaissance. Faut-il encore pouvoir garantir que la dégradation des rapports sociaux, et même la souffrance personnelle, ne soient pas alimentés justement par le monde du travail. C’est ici que se trouve la pierre angulaire de notre entreprise associative en ESS : la croyance profonde que le travail, s’il n’est pas détourné par des intérêts individuels de quête d’enrichissement ou de pouvoir, est un lieu de démocratie, une agora productive de ressources humaines, sociales, et économiques. Dans cet ordre.

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